ACTUALITÉS

Dernier appel à contributions, dernier Passe-Murailles

Chèr.es tou.tes,

Après 15 ans d’existence et quelques 80 numéros publiés, le Passe-Murailles tire sa dernière rafale avec ce numéro. Le combat continuera ailleurs et autrement. En attendant, une dernière chance vous est donnée de cracher vos balles et vos idéaux sur le papier. Et pour la dernière fois, je serai bien sûr à vos côtés pour vous aider à larguer les bombes…

Pour cet ultime numéro, nous croiserons le fer sur des sujets explosifs qui nous remuent depuis toujours : l’abolitionnisme et l’anticarcéralisme. Et, pour la première fois peut-être, puisque l’Assemblée Générale de juin dernier a choisi de mettre fin à l’action en détention (et donc aux relations avec l’administration pénitentiaire), nous serons libres de toute entrave – débarrassés de ce schizophrénique « double discours », selon que l’administration pénitentiaire nous écoute ou pas, selon qu’elle peut adopter des mesures de rétorsion ou pas – et nous pourrons sortir l’artillerie lourde si le cœur nous en dit.

« Abolitionnisme & Anticarcéralisme »

Vous trouverez ici une liste de contributions qui cherchent preneurs.euses pour le prochain numéro. Les contributions seront à rendre pour le 5 septembre au plus tard.

Faites signe à Claire, la rédac’ chef de la revue (vous pouvez la trouver ici : publication@genepi.fr) si une contribution en particulier retient votre attention ! Elle vous accompagnera tout au long de vos questionnements préalables, recherches, élaborations de plan, rédactions, corrections… Et comptez aussi sur elle pour vous rappeler le tic-tac de la dead-line et pour vous cadrer un peu en termes de nombre de signes !

[Afin de ne pas imposer une domination par le langage dont on essaie de se débarrasser, sachez, futur.e.s contributeurs.trices, que vous pouvez préciser, à l’envoi de votre contribution, si vous désirez que vos « fautes d’orthographe » soient corrigées ou non avant la publication. Nous rappelons aussi ici que nous serons contraints, pour des raisons que vous comprendrez, nous l’espérons, de censurer les attaques ad hominem et tout ce qui pourrait passer pour des propos discriminatoires.]

Notez bien qu’il n’est question ici que de suggestions ; sentez-vous libres de proposer des articles qui ne figurent pas ici. (Notez ici que, pour des raisons budgétaires toujours, nous avons fait le choix de ne plus imprimer que le Dossier et les Voix captives ; les autres rubriques conservant une chouette diffusion via la version numérique !) Et des dessins d’illustration ou des photographies qui manquent cruellement à la revue ! Vous dessinez, vous photographiez, vous collez, vous découpez ? On est intéressés !

A noter, la rubrique « Les Voix captives », a pour but d’ouvrir nos pages aux personnes enfermées qui souhaiteraient s’exprimer. N’hésitez pas à en faire part aux personnes enfermées que vous rencontrez : elles peuvent nous envoyer leurs textes par courrier. Mais aussi une rubrique « Coup de poing », pour que vous puissiez nous dire ce qui vous plaît, ou pas, dans la revue, l’association, etc. Et enfin, une rubrique « Paye ta taule », compilation de choses vues ou entendues derrière les murs.

Enfin, sachez que ce serait très chouette si vous pouviez accompagner vos articles d’une image ou illustration, trouvée sur le net – de préférence libre de droits !

Dossier : « Abolitionnisme & Anticarcéralisme »

Un * = un article à pourvoir !

* En introduction. Retour sur les raisons politiques de la décision de mettre fin à l’action en détention : quelle communication pour le Genepi ?

* Entretien avec Jacques Lesage de La Haye autour de son dernier ouvrage, L’Abolition de la prison.

* Ces entreprises qui exploitent les travailleurs prisonniers et/ou qui construisent des taules. La privatisation de l’enfermement : un filon pour les classes dominantes.

Pas de contrat de travail, rémunération ridicule, conditions d’hygiène et de sécurité déplorables, aucune formation professionnelle (souvent des taches abrutissantes, travail à la pièce, etc.) … Le tout pour conserver un modèle économique fiable !

Partenariats publics-privés. Des groupes privés qui poussent à la construction de prisons gigantesques (pleines de malfaçons), plus économiques dans leur exploitation et leur maintenance. Alors que tous préconisent de plus petites prisons. L’État s’endette pour lutter contre la surpopulation – inefficacement.

* La militarisation de la taule. Militarisation de l’espace, nouvelles formes de polices et logiques sécuritaires. Le gigantesque marché de la sécurité : nouveaux dispositifs de contrôles, de vidéo-surveillance… Sur le renseignement pénitentiaire : écoute des téléphones portables.

* Retour sur les récents événements à la prison de Condé : fouilles à nu des proches de prisonniers, révoltes et mutineries.

* Pour la fin de l’enfermement des mineurs.

* Quid de l’anticarcéralisme dans les autres pays ?

* Sur l’évasion. Entretien avec François Besse, auteur de Cavales : De Mesrine à la liberté, l’histoire vraie du roi de l’évasion, paru en avril dernier.

* Une critique de la justice restaurative.

*Retour sur l’abolition des CRA avec la prise de position adoptée en juin dernier par le Genepi : « Pour l’abolition des Centres de Rétention Administrative et contre la collaboration du Genepi avec le ministère de l’Intérieur ».

* Une critique des nouveaux quartiers : les Structures d’accompagnement vers la sortie (SAS), les Centres pour peine aménagée (CPA).

* Une critique de la lutte contre la radicalisation en prison.

* En conclusion : féminisme et anticarcéralisme.

 

NB : tous les numéros du Passe-Murailles, anciens et moins anciens, peuvent être lus en passant par notre boutique en ligne.

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Le Zine de mai-juin !

Téléchargez la version numérique gratuite du Zine Passe-Murailles de mai-juin 2019. Retour sur une année d’enfermement et de répression.

zine

Si vous le pouvez, n’hésitez pas à nous faire un don.

Pour rappel…

« LE PASSE-MURAILLES : CE QUI VA CHANGER

Face aux difficultés financières inhérentes au monde associatif, la structure de l’association Genepi se transforme, ce qui va nécessairement affecter la publication du Passe-Murailles. Le nouveau numéro #76, Condamner plus pour enfermer plus, est fidèle à la ligne éditoriale des précédents numéros.

Cependant, en juin 2019, étant donné l’absence prolongée de notre chargée de publication Claire pour des raisons personnelles, le Passe-Murailles sera remplacé par un fanzine concocté par les bénévoles de l’association. Nous songeons à y analyser les diverses actualités qui ont émaillé l’année en matière de répression et de prison.

Puis, en septembre 2019, paraîtra nouveau numéro du Passe-Murailles, selon la formule habituelle. Mais celui-ci, tout du moins jusqu’à nouvel ordre, sera bel et bien le dernier numéro du Passe-Murailles tel que vous le connaissez. En effet, la chargée de publication s’en ira à ce moment-là pour de nouveaux horizons, et ne sera pas remplacée, car les finances du Genepi ne le permettent pas.

En attendant, soutenez-nous en vous procurant les anciens numéros qui vous intéressent sur notre boutique ainsi que le nouveau numéro #76 ! D’avance, merci. »

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Femmes transgenres enfermées à Fleury-Mérogis : une situation inacceptable ! – Pour la fin de la transphobie pénitentiaire

17 Mai 2019 – Journée internationale de lutte contre les LGBTIphobies

Entre le 29 avril et le 11 mai 2019, 610 courriers ont été adressés à 55 député·e·s et sénateur·ice·s, les interpellant au sujet des conditions de détention des femmes transgenres enfermées à l’isolement au dernier étage du bâtiment D3 de la maison d’arrêt des hommes (MAH) de Fleury-Mérogis. Dans ces lettres, se trouve une liste de cinq revendications formulées par ces détenues en décembre dernier. Celles-ci ont été communiquées à la direction de la prison dans une lettre signée par quatre associations des champs prison-Justice et des luttes LGBTI, envoyée le 22 janvier 2019, journée internationale de solidarité avec les prisonnières et prisonniers transgenres. Ces revendications, recueillies durant un atelier avec elles, sont les suivantes :

– un accès hebdomadaire au sport, encadré par un moniteur ou une monitrice professionnelle, au même titre que les autres détenus ;

– un accès à une cour de promenade extérieure et non plus à une salle de taille réduite au plafond grillagé ;

– l’accès au travail en atelier, possiblement en mixité, au même titre que les autres détenus ;

– l’accès aux mêmes cours, formations et activités que les détenus hommes, possiblement en mixité ;

– un accès suffisant au téléphone et sans interruptions mettant fin à leurs communications.

En France, l’incarcération dans un quartier homme ou femme se fait en théorie en fonction de la mention de genre à l’état civil. En pratique, les personnes sont souvent incarcérées sur la base des représentations sexistes et transphobes de l’administration pénitentiaire sur le genre. En ce qui concerne les femmes trans, cela se traduit par le fait qu’elles aient ou non fait une vaginoplastie. Dans les deux cas, cela signifie qu’en France, des femmes sont enfermées en prison d’hommes. Afin de régler tous les problèmes qu’elles soulèvent par le biais de cette liste de revendications, les prisonnières de la maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis demandent à ce que les femmes transgenres soient enfermées dans un quartier correspondant à leur genre.

Au motif de leur sécurité – sans que leur avis sur la question ne soit interrogé – on les enferme à l’isolement : elles ne peuvent croiser aucun autre détenu. Elles n’ont donc pas accès à la cour de promenade, mais uniquement à une salle d’une quinzaine de mètres carrés, dont le plafond est remplacé par d’épais grillages. Elles n’ont pas accès au travail, au sport, aux cours, aux formations, aux activités au même titre que les autres prisonniers. Leur accès au téléphone, installé dans le couloir, est lui aussi affecté. Ce traitement discriminant se conjugue avec le fait que les femmes transgenres en prison en France sont souvent des étrangères latino-américaines, qui n’ont pas de proches pouvant les soutenir en France. Il rime aussi avec une difficulté d’accès accrue à un suivi médical adapté à des problématiques de santé spécifiques, notamment en matière de VIH et d’hépatites.

La transphobie et le racisme généralisés, organisés notamment par les institutions, placent les femmes transgenres dans une situation particulièrement vulnérable. Il se situe dans la pénalisation du travail du sexe, via notamment la loi de pénalisation des clients, et dans l’illégalisation des étranger·e·s menant à leur déportation. Suite à la récente agression transphobe de Julia, quelques élu·e·s LREM ont publiquement exprimé leur soutien et se sont montré choqué·e·s. Pacôme Rupin a ainsi déclaré que “le droit est du côté des citoyens qui veulent vivre librement leur identité”. Il semble cynique de poser une telle affirmation quand le droit est l’outil qui permet le harcèlement des femmes transgenres par la police et la Justice. L’outil qui permet de les précariser, de les isoler, de les enfermer, de mettre leurs vies en danger, de manière ciblée.

Dans certaines prisons comme à Caen, où les femmes transgenres ne sont pas à l’isolement, l’administration pénitentiaire travaille à se racheter une image. Le respect de leurs prénoms et l’accès à une cantine de produits féminins n’est pas suffisant et devrait aller de soi. Enfermées parmi les hommes au régime classique, elles demeurent dans un lieu ne correspondant pas à leur genre, dans une situation présentant des risques importants et créant une situation d’isolement de fait. Quant à la MAH de Fleury-Mérogis, la réponse à notre courrier adressé à la direction affirmait que ce “sujet dépass[ait] le cadre de Fleury-Mérogis”. Il a été transmis à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris et à la direction de l’administration pénitentiaire, dont nous n’avons aucun retour à ce jour. La mise en place de mesures superficielles qui s’annonce au niveau national ne doit pas nous leurrer.

Nous nous devons donc de soutenir les luttes des personnes trans, des travailleuses et travailleurs du sexe, des étranger·e·s ainsi que de refuser leur enfermement, synonyme de mort sociale voire de mort réelle. Et nous nous devons également de soutenir les revendications qui émanent des prisonnières trans de Fleury-Mérogis elles-mêmes concernant l’amélioration de leurs conditions de détention et leur placement dans un quartier correspondant à leur genre. Elles ne doivent pas subir la “torture blanche” de l’isolement, selon le qualificatif employé par la CNCDH, et la discrimination arbitraire qui leur est imposée par l’administration pénitentiaire. Le placement en détention classique chez les hommes n’est  pas non plus suffisant.

En novembre dernier, dans le cadre de la loi de programmation Justice, les dix-sept député·e·s de la France Insoumise déposaient deux amendements au code de procédure pénale allant dans ce sens. Les deux amendements ont été rejetés. S’il ne s’agit pas là d’une surprise, la transphobie infusant l’ensemble de nos institutions, il aurait été appréciable que les député·e·s de la FI ne soient pas que deux à les voter. A quand un courage politique suffisant pour faire évoluer la législation et permettre que l’incarcération des femmes trans ne rime plus avec isolement et torture ?

Nous dénonçons la discrimination particulièrement alarmante que subissent les femmes transgenres incarcérées en France et appuyons les revendications des prisonnières transgenres de la maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis. Nous exigeons que l’administration pénitentiaire et les politiques les entendent et se mobilisent pour y accéder réellement, sans les dévoyer.

 

     

 

 

Signataires

Genepi

Acceptess-T

Act Up Paris

OUTrans

Ouest Trans

Association nationale transgenre

Syndicat PRP – pour le respect et la protection des prisonnier·e·s

David et Jonathan

Inter-LGBT

Genepi Belgique

TRANS INTER action

FièrEs

ODOTI – Local de documentation trans et intersexe

Centre LGBT de Touraine

Bi’Cause

Support transgenre Strasbourg

TransMission

Centre LGBT de Normandie

ACAP – Anti capitaliste anti patriarcat

Potere al Popolo Paris

FRACASSE

NOSIG – Centre LGBTQI+ de Nantes

En-Trans

Quazar – Centre LGBT d’Angers

Spoutnik Nancy

La nouvelle lune

J’en suis j’y reste – Centre LGBT de Lille Nord Pas-de-Calais

Lesbian and Gay Pride Lyon

Quidam·e·s

HomovertEs

Bonny Read

Ex Aequo

LBTG – Laisse Bien Ta Gaité

BCBG – Science Po Lille

La Station LGBTI – Centre LGBTI de Strasbourg

Collectif féministe contre le cyberharcèlement

 

Contacts 

Acceptess-T : contact@acceptess-t.com / 06.73.37.95.67

Genepi : president@genepi.fr / dr.idf@genepi.fr / 07.79.86.16.49

 

Télécharger le communiqué en Pdf : CP_17_mai_final.

 

Photo : Ph. Lopez/AFP

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Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui

Le 30 mars, le Genepi organisait comme chaque année ses Assises. Cette formation, ouverte pour la première fois au public, a pour but de pousser la réflexion des participants sur un aspect précis du système police-justice-prison. Cette année trois thèmes ont été présentés : Féminisme et anti-carcéralisme, Education Populaire et Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui.

Dans le cadre du thème Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui, les militant.e.s du Genepi ont établi une bibliographie, liste de ressources, écrites, audio ou vidéo sur le sujet.

Cette bibliographie est divisée en trois parties qui correspondent aux trois ateliers qui ont eu lieu ce jour-là. Elle n’est évidemment pas exhaustive et n’a aucune prétention de rigueur. Mais nous tenions à partager ce travail collectif de rassemblement de ressources.

 

I – Evolution de l’enfermement : Organisation d’une domination

“C’est encore une ruse de l’institution pénitentiaire de nous faire croire que nous sommes libres quand nous ne sommes pas en prison.” Thierry Levy, Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons.

La prison en tant qu’institution pénale, mais aussi en tant que bâtiment, est construite sur l’idée chrétienne que les peines de prisons sont le prix du rachat de l’âme des “malfrats”.

Les “méchants” viennent y expier leurs péchés, dans la repentance, afin de devenir de meilleurs membres de la société. Pas de projet carcéral sans cette “utopie” qui sert à justifier les privations de libertés et les violences qui les accompagnent.

Alors toutes les prisons qui ont été construites l’ont toujours été pour le progrès, et on a imaginé des prisons “plus humaines”, les politiciens nous ont promis un enfermement “modernisé et humanisé”. Et pendant ce temps, l’enfermement, sous toutes ses formes, s’est répandu et généralisé. Les privations de liberté étatiques ont pris des formes diverses, s’adaptant aux contextes politiques de chaque époque.

 

Les prisons ”modèles”

 

Les centres de rétention administrative

 

Les lieux d’enfermement pour mineurEs

 

Le milieu ouvert et l’assignation à résidence

 

 

II – Evolution de l’enfermement : Organisation d’une domination

Quand il y a enfermement, il y a résistances. Elles prennent des formes variées, plus ou moins spectaculaires, plus ou moins visibles. L’organisation collective des prisonniers fait partie à part entière de l’histoire de la prison. On pense l’enfermement comme une succession de politique publiques, affaires d’architectes bourgeois qui imaginent la prison idéale, ministres de la justice, grèves de surveillants pénitentiaires… Mais l’évolution de la prison vient principalement des luttes politiques des premiers concernés.

Ces résistances correspondent parfois à des moments historiques et politiques et concernent plusieurs prisons en même temps, parfois plusieurs pays.

Elles prennent des formes variées, collectives ou individuelles : utilisation du corps (grèves de la faim, blocages, refus de retourner en cellule, automutilation, …), syndicalisme, solidarités…

 

Vidéo 

 

Films 

 

Audio 

 

Lecture 

  • Je hais les matins, Jean-Marc Rouillan, Editions Denoël

 

III – A l’extérieur des murs : entre réforme et abolition

La prison et l’enfermement en général regroupe de nombreux acteurs, aux positions politiques multiples, défendant chacun leurs intérêts. Entre amélioration des conditions de détention, abolition de la prison mais conservation d’un système de justice (abolition “juridique” de la prison), et destruction de tous les lieux d’enfermement avec une perspective révolutionnaire, le champ politique autour de la privation de liberté est large et multiple. Ce qui se passe à l’intérieur des murs est le résultat de ce qui se trame à l’extérieur.

Le statu quo dont les prisonniers payent les frais tous les jours est aussi le résultat d’une collaboration active de certains de ces acteurs qui créent et maintiennent des politiques publiques toujours plus mortifères, même sous couvert du “bien faire” de la défense des réformes. Car “la réforme du droit criminel doit être lue comme une stratégie pour le réaménagement du pouvoir de punir, selon des modalités qui le rendent plus régulier, plus efficace, plus constant et mieux détaillé dans ses effets” (Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, p.77). “Il faut rappeler aussi que le mouvement pour réformer les prisons, pour en contrôler le fonctionnement n’est pas un phénomène tardif. Il ne semble même pas être né d’un constat d’échec dûment établi. La « réforme » de la prison est à peu près contemporaine de la prison elle-même. Elle en est comme le programme. La prison s’est trouvée dès le début engagée dans une série de mécanismes d’accompagnement, qui doivent en apparence la corriger mais qui semblent faire partie de son fonctionnement même, tant ils ont été liés à son existence tout au long de son histoire. Il y a eu, tout de suite, une technologie bavarde de la prison.” (Michel Foucault, Surveiller et punir, p.236, Gallimard)

Face à cela, les résistances intérieures aux lieux d’enfermement sont relayées par des forces extérieures qui s’organisent pour lutter elles aussi. Quelles ont été par le passé ces luttes à l’extérieur des lieux privatifs de libertés ? Quelles sont-elles aujourd’hui ? Comment s’assurer que la lutte des personnes privées de liberté ne soit pas passée sous silence, et ébranle le reste de la société ?

Le but de ces documents est de présenter les différents acteurs du monde police-justice-prison, hors des murs.

 

Lecture 

 

Audio 

 

Vidéos 

 

Sites 

 

Nous citons des livres dans cette bibliographie, s’ils vous intéressent et que vous pouvez les acheter, privilégiez les librairies indépendantes de vos villes ainsi que les sites des maisons d’édition !

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Nouveau numéro du Passe-Murailles !

#76 Condamner plus pour enfermer plus
[Mars/avril 2019]

« Le droit est le lieu de la mise en place d’un programme politique et doit être considéré comme tel. » Face à l’épaississement du code pénal, face à la figure du monstre qu’il faudrait enfermer à tout prix, face à la criminalisation des militant.e.s et des usager.es de drogues, face à l’extension du filet pénal, le Genepi revient dans ce nouveau numéro sur l’inflation pénale, « car elle est la cause de toujours plus d’enfermement ».

Vous pouvez vous le procurer en version papier ou pdf.

 

LE PASSE-MURAILLES : CE QUI VA CHANGER

Face aux difficultés financières inhérentes au monde associatif, la structure de l’association Genepi se transforme, ce qui va nécessairement affecter la publication du Passe-Murailles. Le nouveau numéro #76, Condamner plus pour enfermer plus, est fidèle à la ligne éditoriale des précédents numéros.

Cependant, en juin 2019, étant donné l’absence prolongée de notre chargée de publication Claire pour des raisons personnelles, le Passe-Murailles sera remplacé par un fanzine concocté par les bénévoles de l’association. Nous songeons à y analyser les diverses actualités qui ont émaillé l’année en matière de répression et de prison.

Puis, en septembre 2019, paraîtra nouveau numéro du Passe-Murailles, selon la formule habituelle. Mais celui-ci, tout du moins jusqu’à nouvel ordre, sera bel et bien le dernier numéro du Passe-Murailles tel que vous le connaissez. En effet, la chargée de publication s’en ira à ce moment-là pour de nouveaux horizons, et ne sera pas remplacée, car les finances du Genepi ne le permettent pas.

En attendant, soutenez-nous en vous procurant les anciens numéros qui vous intéressent sur notre boutique ainsi que le nouveau numéro #76 ! D’avance, merci.

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